Aladin et la lampe merveilleuse

Chargement du lecteur...

Conte syrien. 


Un jour, dans un lointain pays d’Orient, un méchant magicien voit apparaître dans un nuage de fumée l’image d’un jeune garçon. Celui-ci s’appelle Aladin.
Le magicien comprend que cet enfant est le seul au monde à pouvoir rapporter une lampe aux pouvoirs magiques. Et cette drôle de lampe, à la forme de théière, le magicien la veut !
Son plan en tête, le magicien part à la recherche d’Aladin. Quand il trouve le garçon, il lui dit :
– Est-ce toi Aladin ?
– C’est bien moi, répond le petit.
Le magicien fait mine de pleurer de joie, et il s’exclame :
– Ah ! quel bonheur de te retrouver, cher neveu ! Je suis ton oncle. Tu ne me connais pas car je suis parti loin d’ici il y a fort longtemps.  Me voici enfin de retour. Mais dis-moi, tu sembles plutôt pauvre mon petit Aladin…
– C’est vrai monsieur, dit l’enfant. Père est mort et Mère travaille dur pour nous faire vivre.
Alors le magicien ajoute d’une voix douce :
– Je veux t’aider, Aladin. Je te donnerai de l’argent, seulement il faut d’abord que, toi, tu m’aides.
Aladin est étonné, mais il est tenté par l’argent. Il accepte donc de suivre cet homme mystérieux.

Le magicien l’emmène au pied d’une colline. Là, il y a une porte si petite que seul un enfant peut passer.
Le magicien dit :
– Ouvre cette porte et descends l’escalier. Tu arriveras dans une caverne. Prends tout ce que tu veux mais surtout rapporte-moi la lampe qui s’y trouve.
Aladin hésite. Il a un peu peur. Alors, le magicien lui donne un anneau et lui dit :
– Mets cet anneau magique à ton doigt, il t’aidera si tu es en danger.
Aladin obéit. Au bas des marches, il découvre une caverne où poussent des arbres pleins d’or, de diamants et de perles ! Vite, il en remplit ses poches et il continue d’avancer. Soudain, dans un coin, il aperçoit la lampe dont lui a parlé le magicien. Elle est vieille et poussiéreuse. Aladin la prend et remonte l’escalier. Alors qu’il approche de la sortie, il entend le magicien hurler derrière la porte :
– Plus vite idiot ! Dépêche-toi de me rapporter cette lampe !
La voix du magicien effraie Aladin et il recule… Le méchant homme hurle de plus belle. Aladin se méfie. Il sent le danger et n’ose plus bouger. Furieux, car il ne peut attraper le garçon, le magicien claque la porte et la ferme à clé. Puis il repart en laissant l’enfant seul.
Aladin appelle au secours,  hélas personne ne l’entend ! Désespéré, il se met à pleurer  la tête dans ses mains et, sans le faire exprès, il frotte l’anneau qu’il porte au doigt. Ô surprise ! un génie à la peau dorée apparaît…
– Je suis le génie de l’anneau, lui dit-il. Maître, que désirez-vous ?
Surpris, Aladin bredouille :
– Je… je… voudrais rentrer chez moi.
Et aussitôt, il se retrouve sur le seuil de sa maison ! Il raconte à sa mère son incroyable aventure et il lui donne les trésors qu’il a rapportés, ainsi que la vieille lampe. Sa mère n’en croit pas ses oreilles. Elle réfléchit un peu et dit :
– Vendons cette lampe, elle nous rapportera toujours quelques pièces.
Puis elle se met à frotter la lampe pour la faire briller. Et à ce moment-là… un autre génie en sort !
– Je suis le génie de la lampe, dit-il à Aladin. Maître, que désirez-vous ?
Comme Aladin meurt de faim, il demande de quoi manger. Aussitôt, douze plats en or remplis de mets délicieux apparaissent ! Quel festin ! Et grâce à la lampe merveilleuse, Aladin et sa mère deviennent riches, très riches…

Les années passent. Aladin grandit et il devient un beau jeune homme.
Un matin, alors qu’il se promène en ville, il voit la fille du sultan et il en tombe fou amoureux. Mais le sultan ne veut pas marier sa fille à n’importe qui ! Alors Aladin lui montre combien il aime la princesse. Il lui explique aussi qu’elle ne manquera jamais de rien. Le sultan finit par accepter de célébrer leur mariage. Et le génie de la lampe fait surgir pour eux un magnifique palais !

Un jour, alors que la jeune épouse est seule chez elle, un étrange marchand s’arrête sous sa fenêtre. Il lui déclare en faisant mille courbettes :
– Princesse jolie, princesse parfaite, j’échange de vieilles lampes contre des neuves. Me donnerez-vous une vieille lampe contre celle-ci, toute nouvelle ?
La princesse le prend pour un fou. Mais il insiste, et comme elle ne connaît pas le secret de la lampe d’Aladin, elle va la chercher et la lui donne. Malheur ! Ce marchand est en fait le magicien déguisé !
Celui-ci tient enfin entre ses mains la lampe merveilleuse qu’il désire depuis si longtemps…
Vite, il s’éloigne du palais et frotte la lampe. Le génie apparaît et dit :
– Je suis le génie de la lampe. Maître, que désirez-vous ?
– Je veux que la princesse et le palais d’Aladin soient transportés dans mon pays, au-delà des mers, dit le magicien. Mais je veux qu’Aladin, lui, reste ici.
Alors pfft ! le palais et la princesse s’envolent et Aladin se retrouve seul.

Quand le sultan découvre que sa fille a disparu, il est fou de chagrin. Il croit que c’est Aladin qui l’a fait enlever, et il le fait jeter en prison.
Le pauvre Aladin est très malheureux. Mais soudain, sans y penser, il frotte l’anneau magique qu’il a au doigt. Aussitôt, le premier génie apparaît !
– Je suis le génie de l’anneau, murmure-t-il, maître, que désirez-vous ?
– Emmène-moi retrouver ma princesse, je ne peux vivre sans elle, répond le jeune homme.
En un éclair, Aladin se retrouve devant sa femme !
– Ma bien-aimée, prends cette poudre qui fait dormir et mets-la dans le repas du magicien. Quand il dormira, je lui reprendrai la lampe merveilleuse et nous partirons.
Aladin se cache. Dès que le magicien passe à table, la princesse verse la poudre dans son assiette.
À peine a-t-il avalé une bouchée, qu’il s’endort comme un bébé !
Alors Aladin sort de sa cachette et s’empare de la lampe. Puis il fait surgir le génie à la peau bleutée et il lui ordonne :
– Ramène-nous dans notre pays, moi, ma femme et notre palais !
Aussitôt, ils sont transportés là où ils le désirent. Le sultan est ravi de retrouver sa fille chérie et tout le royaume fait la fête pendant un mois !
Quant au méchant magicien, on n’entendit plus jamais parler de lui, peut-être s’est-il endormi pour toujours ?

Adaptation : Marie Aubinais
Illustration : Capucine Mazille
Interprète : Bastien Guerry
Réalisation : Nicolas Blondel
Production audio : Les Disques Pavillon