Le roi Arthur et la dame du lac

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Conte celte. 


Il y a fort longtemps, le roi Uter Pendragon gouvernait la Bretagne. Grâce à sa sagesse, et aux bons conseils de Merlin l’Enchanteur, la paix régnait dans le royaume. Quand le roi mourut, les seigneurs se disputèrent pour savoir qui serait le nouveau roi. C’est alors que Merlin alla les trouver en compagnie d’un tout jeune homme. Et il déclara :
– Voici Arthur. C’est le fils du roi Pendragon. Ce sera votre nouveau roi.
– Quoi ? Le roi n’avait pas de fils ! s’indignèrent certains seigneurs.
Merlin se redressa de toute sa taille et expliqua :
– Il y a quinze ans, le roi Pendragon et la reine Ygerne ont donné naissance à un fils nommé Arthur. Le royaume était en guerre. Inquiet pour la vie du bébé, le roi m’a confié le petit Arthur. Et c’est mon ami le chevalier Antor qui l’a élevé en secret avec son fils, Kay.
Les seigneurs respectaient Merlin l’Enchanteur, et ils craignaient sa magie, aussi ils acceptèrent Arthur pour roi.

Le lendemain, on le couronna dans la chapelle royale et le nouveau roi s’installa dans un château fort gardé par des soldats. Avec l’aide de Merlin et de son ami d’enfance, Kay, Arthur se mit à gouverner le royaume.
Mais c’était un travail bien difficile pour un jeune garçon comme lui. D’autant que les rois des pays voisins voulaient s’emparer de la Bretagne et qu’Arthur devait repousser sans cesse leurs attaques.
Fatigué de ces batailles, un jour, le roi Arthur dit à Merlin :
– Il me faudrait une épée toute-puissante pour vaincre mes ennemis !
– Cette épée existe, sourit Merlin mystérieusement. Je sais où la trouver, il est temps pour toi d’aller la chercher.
L’Enchanteur emmena Arthur au bord d’un lac entouré de montagnes.
Là, un bateau et son équipage les attendaient.
Merlin et le roi sautèrent dans le bateau et celui-ci fila au milieu du lac.
– Crois-tu vraiment que l’épée dont j’ai besoin est ici ? demanda Arthur.
– Patience, souffla Merlin, fais-moi confiance, tu vas voir…
Soudain, au cœur du lac, un bras blanc jaillit de l’eau, brandissant une épée étincelante ! Une dame d’une grande beauté apparut, ses longs cheveux flottant au vent. La dame s’approcha du bateau.
– Cette femme a des pouvoirs magiques, chuchota Arthur, inquiet. Est-ce une fée ou bien une sorcière ?
Merlin éclata de rire :
– Je te présente la Dame du lac !
Salue-la poliment. Si tu lui plais, elle te donnera son épée.
Arthur s’inclina devant la Dame du lac, comme un preux chevalier.
Elle sourit et lui tendit l’épée ornée de pierres précieuses.
– Cette épée est la seule digne d’un roi tel que toi, dit-elle. Elle se nomme Excalibur. Prends-la, avec elle, tu gagneras toutes les batailles !
Les yeux brillants, Arthur serra Excalibur contre son cœur. Et la Dame du lac disparut au fond de l’eau.
Quand Arthur et Merlin regagnèrent le rivage, un archer leur tendit un message du fidèle Kay qui disait :

« Messire Arthur, le château du roi Léodagan est attaqué par de nombreux ennemis. Je pars l’aider avec cent de vos soldats. Rejoignez-nous vite. »

– Cette bataille sera importante, dit Merlin l’Enchanteur. Allons-y et n’oublie pas qu’Excalibur est la plus précieuse de toutes les épées. Tant que tu la posséderas, rien ne pourra t’arriver. Mais si tu la perds, tu perdras aussi la vie.
Ni une ni deux, Arthur et Merlin galopèrent au château du vieux roi Léodagan. Quand ils arrivèrent, les soldats ennemis encerclaient ses murailles. Et le brave Kay ne parvenait plus à les repousser.
Alors Arthur se plaça devant ses soldats. Brandissant Excalibur, il se rua sur les attaquants !
L’épée magique les fit reculer.
La bataille fut longue et difficile. Des cris résonnaient au milieu du bruit des armures, des écus, des lances et des épées. Finalement, les attaquants prirent la fuite au grand soulagement du roi Léodagan qui allait être fait prisonnier. Arthur embrassa son épée :
– Excalibur, tu viens de remporter ta première victoire !
Le roi Léodagan offrit un festin pour remercier Arthur d’avoir sauvé son royaume. C’est alors que sa fille, Guenièvre, vint s’asseoir à côté d’Arthur.
Les deux jeunes gens ne se quittèrent pas des yeux, sous le regard amusé du vieux roi et de Merlin. Le lendemain, Arthur se confia à l’Enchanteur :
– J’aime Guenièvre. Je voudrais qu’elle soit pour toujours auprès de moi.
– Tu as raison, le royaume de Bretagne a besoin d’une reine, répondit Merlin.Le roi Léodagan admirait Arthur et il fut ravi de lui donner sa fille. Le jour du mariage, Guenièvre quitta son château, vêtue d’une robe brodée de pierreries et entourée d’un cortège de chevaliers. Sur leur passage, tous chantaient :
– Vive Guenièvre, vive la reine aux cheveux d’or !
Quand elle arriva au royaume d’Arthur, celui-ci l’attendait entouré de musiciens et de jongleurs. Il se sentit le plus heureux des hommes…

Après le mariage, Merlin s’inclina devant Arthur :
– Le roi Léodagan a une grande confiance en toi, lui dit-il. C’est pourquoi il t’offre en cadeau cette table ronde et ces cent cinquante tabourets. Il te confie aussi les cent meilleurs chevaliers de son royaume. Tu devras leur adjoindre cinquante de tes plus braves chevaliers.
Et tous ensemble, vous ferez régner la justice !
Le lendemain, Arthur réunit les cent cinquante preux chevaliers autour de la Table Ronde :
– Mes seigneurs, j’ai besoin de votre sagesse pour devenir un très grand roi.
Et les Chevaliers de la Table Ronde lui jurèrent fidélité pour toujours.

Adaptation : Geneviève Noël
Illustration : Capucine Mazille
Réalisation : Nicolas Blondel
Production audio : Les Disques Pavillon