Les figures de style

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Euphémisme, métonymie, synecdoque… derrière ces noms surprenants se cachent les plus belles subtilités de la langue française : les figures de style. Elles abondent dans la littérature mais aussi dans le langage courant. On en emploie parfois sans même s’en rendre compte ! Aussi appelées figures de rhétorique ou figure du discours, elles sont utilisées pour rendre un discours plus expressif et plus vivant. Elles font partie de l’art de la rhétorique, c’est-à-dire l’art de bien parler. Découvrez les dix figures de style les plus courantes de la langue de Molière. La langue de Molière ? Ne serait-ce pas … une périphrase ?

Comparaison

« Sophie est timide et devient vite rouge comme une tomate »

 

 

La comparaison consiste à comparer deux éléments qui ont des points en commun. Elle est toujours composée d’un mot qui permet de lier ces deux éléments et que l’on appelle un outil comparatif : comme, tel, plus que, moins que, ainsi que, etc.

Grâce à l’outil comparatif « comme », la comparaison exprime clairement les points communs entre le rouge du visage de la jeune femme et la tomate. On dit « devenir rouge comme une tomate » car, lorsqu’une personne ressent une forte émotion, son visage peut rougir.

Métaphore

« Ma voiture est recouverte d’un manteau de neige »

 

La métaphore est une forme de comparaison mais sans la présence d’outils comparatifs.

Dans la comparaison, la ressemblance entre les deux éléments est clairement dite alors que dans la métaphore, elle est suggérée. Il faut l’imaginer soi-même : la neige recouvre la voiture comme un manteau recouvre une personne.

Personnification

« Il est heureux, la chance lui sourit enfin ! »

 

 

On personnifie lorsque l’on prête des caractéristiques humaines à des objets, des animaux ou à des abstractions.

La chance, une notion abstraite, est personnifiée ici car on lui attribue un sourire, qui est propre à l’homme. La personnification renforce le message car elle permet de mieux s’imaginer la notion abstraite.

Allégorie

« Ma sœur s’est installée au pays de l’Oncle Sam »

 

 

On utilise l’allégorie lorsque l’on souhaite représenter une idée abstraite, un concept, une notion morale par une image concrète. A la différence de la personnification, l’allégorie n’est pas forcément représentée par une figure humaine ou ayant des caractéristiques humaines.

L’Oncle Sam est un personnage symbolique qui représente les Etats-Unis d’Amérique. Cette expression est un hommage à Samuel Wilson, qui fournissait l’armée américaine en caisses de viande sur lesquelles étaient inscrites les initiales U.S. pour United States. Par humour, les soldats surnommèrent alors Samuel Wilson « Uncle Sam » (Oncle Sam en français) dont les initiales sont aussi U.S.

Métonymie

« Je ne t’ai pas appelé car je n’avais plus de batterie »

 

 

La métonymie consiste à remplacer un mot par un autre mot qui entretient un lien logique avec celui-ci.

Dans cette phrase, le mot « batterie » ne désigne pas directement la batterie du téléphone – l’objet est toujours à l’intérieur de l’appareil – mais son niveau de chargement.

Synecdoque

« Après plusieurs mois de recherches, nous avons enfin trouvé un toit »

 

 

La synecdoque est une forme de métonymie. On parle de synecdoque lorsque la partie d’un élément sert à désigner le tout, ou lorsque le tout sert à désigner la partie.

Le mot « toit » désigne ici la maison dans sa totalité. Ils ont enfin trouvé une maison pour se loger. C’est un exemple typique de synecdoque dans laquelle la partie (le toit) désigne le tout (la maison).

Périphrase

« Nous avons vu un lion. Je ne pensais pas rencontrer un jour le roi des animaux »

 

 

La périphrase sert à dire en plusieurs mots ce que l’on pourrait dire en un seul mot.

Ici, la périphrase est « roi des animaux ». Elle permet d’éviter de répéter deux fois le mot « lion » et apporte des détails sur ce mot : on apprend que le lion est considéré comme le roi des animaux. On le surnomme ainsi car il est le plus grand prédateur de la savane et sa grande crinière fait penser à une couronne.

Litote

« Sa chambre ne sent pas la rose »

 

 

Une litote est une figure de style qui consiste à en dire le moins pour faire comprendre le plus.

La litote est le plus souvent exprimée à la forme négative. Elle repose sur un sous-entendu qui renforce le message : on veut faire comprendre une idée sans la dire directement. Ici, on comprend que la chambre sent mauvais.

Euphémisme

« Son grand-père a rejoint les étoiles »

 

 

On utilise un euphémisme lorsque l’on souhaite adoucir une parole brutale et choquante.

Lorsqu’une personne a rejoint les étoiles, cela signifie qu’elle est morte. L’euphémisme adoucit ici la notion de mort par un mot poétique et spirituel pour représenter une réalité négative et désagréable.

Oxymore

« Cet homme est un illustre inconnu »

 

 

Un oxymore est une figure dans laquelle on associe deux mots contraires ou dont les sens sont éloignés.

Les mots « illustre » et « inconnu » ont des sens contraires : le premier désigne la célébrité, l’autre, l’anonymat. L’oxymore, l’association de ces deux mots contraires, crée ici un effet de surprise et renforce le sens du mot « inconnu ».

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