Ma première nuit en France

Ils nous racontent leur première nuit loin de chez eux...

Focus

Ines, Mexique, 2007

Ines, Mexique, 2007

Lamia, Algérie, 2001

Lamia, Algérie, 2001

Adrian, Roumanie 2000

Adrian, Roumanie 2000

Abdellah, Maroc, 1998

Abdellah, Maroc, 1998

Aguilane, Inde, 1998

Aguilane, Inde, 1998

Mamoudou, Mali, 1998

Mamoudou, Mali, 1998

Susana, Brésil, 1997

Susana, Brésil, 1997

Denis, Québec, 1995

Denis, Québec, 1995

Juan, Chili, 1983

Juan, Chili, 1983

Mickaël, Etats-Unis, 1979

Mickaël, Etats-Unis, 1979

Angelika, Allemagne, 1975

Angelika, Allemagne, 1975

Jenny, Grèce, 1975

Jenny, Grèce, 1975

Manuel et Maria, Portugal, 1972-1973

Manuel et Maria, Portugal, 1972-1973

Salwa, Liban, 1972

Salwa, Liban, 1972

Margani, Somalie, 1970

Margani, Somalie, 1970

Kitty, Tunisie, 1962

Kitty, Tunisie, 1962

André, Maroc, 1957

André, Maroc, 1957

Berek, Pologne, 1931

Berek, Pologne, 1931

Florentino, Espagne, 1939

Florentino, Espagne, 1939

Yvette, Rwanda, 1991

Yvette, Rwanda, 1991

Angelika, Allemagne, 1975

En 1975, la République Fédérale d’Allemagne est toujours séparée de  la RDA par-dessus le Mur. Issu de Parti Social démocrate, Helmut Schmidt est investi au poste de chancelier depuis un an et s’apprête à signer les accords d’Helsinki. Il occupera ce poste jusqu’en 1982.

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Je m’appelle Angelika. J’avais 16 ans. Je suis venue la première fois en France le 1er juillet 1975. J’arrivais de Cologne.

Je suis venue en touriste avec mon petit ami de l’époque. Ça faisait plusieurs années que je rêvais de visiter Paris. J’avais lu des livres de Simone de Beauvoir qui décrivaient la vie des intellectuels parisiens dans les cafés et hôtels. J’avais lu aussi Victor Hugo. Je connaissais donc plein de lieux à Paris qui avaient déjà une signification pour moi. Je voulais voir ça de près.

C’était l’hôtel Nord-Sud, rue Eugène Gibet dans le XVème arrondissement. Mes parents, par souci de convenances, avaient demandé à ce qu’on réserve deux chambres. C’était un petit hôtel comme il y avait à l’époque. Avec des papiers à fleurs sur les murs, un lit défoncé et des couvertures roses en tissu éponge caractéristique des hôtels français.

J’étais seule dans ma chambre. Tout à coup, j’ai entendu des hurlements. Pendant des heures. Je suis allée à la fenêtre. J’ai regardé. Je n’ai rien vu. Je me suis posé la question. C’est un bébé qu’on torture peut-être ? Ou quelqu’un qui a très mal ? Ça hurlait, ça hurlait. Je n’étais pas très à l’aise. Y’avait un côté un peu inquiétant. C’est bizarre dans Paris d’entendre des choses comme ça, la nuit. Le lendemain j’ai parlé avec mon copain. Il a entendu aussi. Il m’a dit que c’était un chat qui hurlait. C’est peut-être un chat qui avait envie d’amour, je ne sais pas…