L’arbre du Ténéré

Un acacia pas comme les autres

Arbre du Ténéré (1985) © Holger Reineccius

Considéré comme l’arbre le plus isolé de la Terre,  l’arbre du Ténéré est le symbole de la survie dans le Sahara. Selon la légende, il n’était entouré d’aucun autre arbre à moins de 400 km à la ronde (fait depuis démenti, puisque l’oasis de Timia se trouve à 150 km). Cet acacia solitaire servit pendant plus de 300 ans de repère pour ceux qui traversaient le désert du Ténéré, situé au nord-est du Niger. Il s’agirait du seul arbre à avoir jamais été représenté sur une carte au 1/4 000 000e.

En 1938, alors qu’un puits était creusé auprès de l’arbre, on découvrit que ses racines atteignaient la nappe phréatique, soit plus de 30 mètres en dessous de la surface.

Gare à l’arbre !

Cet arbre tricentenaire fut malheureusement renversé en 1973 par un camionneur qui conduisait en marche arrière pour s’approcher du puits. Les passagers auraient essayé de prévenir le chauffeur, en vain. Le 8 novembre 1973, l’arbre mort fut transporté au musée national du Niger Boubou-Hama, à Niamey. On essaya d’en replanter d’autres… sans résultat.

La renaissance

Plan réalisé par Josyane et Charles Térésa en 1974

En 1974, il fut décidé de le remplacer par une sculpture métallique représentant un arbre, à partir des plans de Josyane et Charles Térésa. Dans un témoignage, Charles Térésa explique :

« Un projet existait de remplacer le véritable Arbre du Ténéré  […] par un mat de support de câble à haute tension (ces horreurs que l’on voit dans nos campagnes) afin de matérialiser le site de l’ancien arbre. Pour ma femme et pour moi, c’était un mythe qui s’effondrait et nous ne pouvions laisser faire cela. J’ai alors demandé à mon épouse (qui dessine bien) de me faire plusieurs projets d’esquisses  […]. J’ai sélectionné celle qui me semblait conjuguer les éléments déterminants suivants : conserver la symbolique du lieu, être réalisable simplement, enfin être d’un coût le moins cher possible. Il s’agit d’un mat central supportant trois branches inclinées à 45°, chacune de ces branches supportant des branchioles […]. [Quand nous] avons appris que notre projet était retenu, ce fut une joie immense, pour nous (nous étions très jeunes évidemment) l’Arbre du Ténéré devenait l’ « Arbre Térésa ». »

Sculptures métalliques de « L’Arbre de Ténéré » et du « Tree of the wind » (1998)

En 1998, un artiste japonais, Katsuyuki Shinohara, érigea à quelques mètres une autre sculpture métallique, baptisée « tree of the wind » (arbre du vent). L’ensemble, composé de tubes métalliques qui émettent des sons lorsque le vent souffle, fut conçu pour que l’ombre de sa structure dessine les quatre points cardinaux sur le sable et être visible à des dizaines de kilomètres grâce à ces miroirs verticaux.

En 2005, des touristes remirent l’Arbre du Ténéré sur pied, après l’avoir retrouvé à terre (a-t-il été abattu par des vandales ? On ne le saura jamais…). La branche centrale de l’arbre est désormais ornée par des enjoliveurs.

Aujourd’hui, les sculptures subissent les assauts des vents violents du désert du Ténéré, surnommé « le désert des déserts ». Soleil, érosion et vandalisme mettent en péril les structures métalliques. Détestées par certains, adulées par d’autre, une chose est sûre : ces installations incarnent un lieu hautement symbolique pour les nigériens.

 

 

 

Sources 

 

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