Une vie de Roms

"Les forces qui vont me manquer un jour, je les dépense"

Focus

La loi a-t-elle été respectée à Ris-Orangis ?

Avant tout démantèlement de « campements illicites », une circulaire ministérielle envoyée aux Préfets de France le 26 août 2012 prévoit des mesures d’ « anticipation et d’accompagnement » des familles Roms. Dans le cas de Ris-Orangis, ces dispositions légales ont-elles été appliquées ? Eléments de réponse. La circulaire interministérielle Nor intk1233053C du 26/08/2012 « relative à l’anticipation et à l’accompagnement des […]

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Le décor de vie

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Les Roms, une menace pour les riverains ?

Cinq mois après l’installation de la communauté Rom près de la Nationale 7, le maire de Ris-Orangis rédigeait une lettre, envoyée le 18 janvier dernier aux habitants de la ville. Dans ce document, il écrit que « dès les premiers instants, [il a] mobilisé le Préfet de l’Essonne et ses services ainsi que la Police nationale […]

Les Roms, une menace pour les riverains ?

Qu’est-ce qu’un Rom ?

Rom est un terme adopté par l’Union Romani Internationale (URI) en 1971 pour désigner un ensemble de populations ayant en commun une origine indienne. Au 19ème siècle, les chercheurs classent la communauté Rom dans le groupe identitaire plus global  des « Tsiganes », communauté extra-européenne. Aujourd’hui, le terme Rom désigne le « Tsigane oriental », défini uniquement selon son […]

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Droit de séjour : un tarif spécial

Les citoyens roumains et bulgares sont européens depuis l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’Union européenne, le 1er janvier 2007. La communauté Rom est issue pour la plupart de ces deux pays. En conséquence, les personnes qui appartiennent à cette communauté sont dans leur majorité européens. Concernant leur droit de séjour en […]

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La communauté Rom en France

La communauté Rom en France

Un lien vers l’extérieur : l’association du Perou

L’association du Perou, pour « Pôle d’exploration des ressources urbaines », s’est établie sur le campement de Ris-Orangis le 22 décembre 2012. En soutien à la communauté Rom, elle y a installé avec la population une « ambassade », lieu de réunion et de construction de solutions. C’est « un repère – un espace visible – et un observatoire – un […]

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4. « On débarrasse le plancher »

4. « On débarrasse le plancher »

De l’espoir au départ

Le campement de Roms de Ris-Orangis s’est installé le long de la Nationale 7 en août 2012. Ici habitaient environ 250 personnes, dans plus de 70 « baraques » établies sur 2 500 mètres carrés. La superficie des « baraques » variait entre 5 et 15 mètres carrés. La majorité des habitants du campement étaient en France depuis près […]

De l’espoir au départ

3. « Ici, ce n’est pas un exemple pour mes enfants »

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2. « Quand on est ensemble, on apprend à changer »

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1. « Tant que les hommes font leur travail et nous le nôtre, ça va »

1. « Tant que les hommes font leur travail et nous le nôtre, ça va »

Les Roms, une menace pour les riverains ?

Cinq mois après l’installation de la communauté Rom près de la Nationale 7, le maire de Ris-Orangis rédigeait une lettre, envoyée le 18 janvier dernier aux habitants de la ville. Dans ce document, il écrit que « dès les premiers instants, [il a] mobilisé le Préfet de l’Essonne et ses services ainsi que la Police nationale afin que soient respectés l’ordre et la tranquillité publics. » Dès lors, il poursuit : « J’entends vos préoccupations et votre colère. Il est de mon devoir d’y répondre avec efficacité. » Ses « préoccupations » et cette « colère » existent-elles vraiment ? Paroles de riverains.

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En temps que riverain, quel a été votre premier contact avec les habitants du campement ?

Jean-Marc Fiorese, distant de 200 mètres du camp : J’ai découvert cette communauté en décembre 2012, alors que le camp existait depuis août dernier. Comme quoi, le Maire invoque des troubles à l’ordre public imputables à ces personnes mais j’ai bien mis 4 mois à me rendre compte de leur présence ! Et j’habite à 200 mètres !

Marlène Castille, distante de 350 mètres du camp : La première fois que j’ai constaté le campement, c’était en me promenant au bord du lac qui jouxte le site. Ensuite, j’ai vu des gens exploser de leurs mains une borne incendie située juste en face du campement. Ces gens appartenaient selon toute vraisemblance à cette communauté. Par ailleurs, mes poubelles étaient fouillées le soir et parfois les déchets éparpillés parterre. Pas systématiquement mais parfois.

Quelle est votre position par rapport aux membres de la communauté ?

Jean-Marc Fiorese : Je ne me suis pas du tout hostile à ces gens. La situation les contraint à vivre dans des conditions impossibles. Ils sont poussés à être des nomades alors que fondamentalement ils n’en sont pas. Ils sont sédentaires, tout comme ils l’étaient en Roumanie. Regardez leur baraque, ce ne sont pas des caravanes ! Ils veulent rester en place ! Pas dans ces conditions bien sûr, mais ils veulent avoir un toit permanent. Ils sont finalement contraints et forcés à un nomadisme involontaire, à voyager de campement en campement.

Selon moi, même s’ils vivent dans des baraques, c’est toujours mieux que de vivre dans la rue. Et il n’est pas question d’aller les installer dans d’autres campements. Vous savez, quand les gens sont expulsés, ils repartent en slip !

Marlène Castille : Je ne m’installe pas où ça ne m’appartient pas. Et je ne suis d’ailleurs pas partisane d’aider ces personnes comme le faisaient les associations impliquées sur place. Ce qu’elles faisaient n’était pas du long terme, cela entretenait des problèmes existants. Elles ont permis à ces personnes de s’installer convenablement alors que leur campement était illégal. Je pense par exemple aux toilettes sèches.

Que pensez-vous de l’action de la commune envers ces personnes ?

Jean-Marc Fiorese : Dans sa lettre, le Maire invoque le fait que ‘l’échelle communale n’est pas appropriée pour traiter’ les ‘difficultés’ que rencontre la communauté Rom à Ris-Orangis. Mais de mon avis, la ville n’a rien essayé du tout. Elle n’a entrepris aucune action afin de leur trouver des solutions de logement décent.

Par ailleurs, toujours dans cette lettre, le Maire s’adresse à tous les Rissois avec les termes « Madame, Monsieur ». Il écrit qu’il entend mes « préoccupations » et ma « colère ». Mais quelle colère ? Le Maire peut-il penser et ressentir à ma place une colère que je n’éprouve pas? Maintenant, c’est moi qui suis en colère contre cette lettre et contre le Maire !

Marlène Castille : Je suis favorable au démantèlement, sans que cela signifie qu’ils s’installent deux kilomètres plus loin. Cela ne changera rien au problème. Mais je crois sincèrement que ces gens-là ne doivent pas être acceptés en France, car nous n’avons pas les moyens de les accueillir. Par exemple, si moi, dans le contexte actuel de crise, je devais perdre mon emploi et ma maison, j’irais crever sous un pont. Alors que dans le même temps, on offre des solutions de relogement à ces personnes. C’est asymétrique. Tout le monde devrait être logé à la même enseigne.

De la même manière, je ne sais pas si scolariser des enfants Roms dans des classes de la ville est une bonne chose. Mon fils côtoyait un de ces enfants dans sa classe, ça se passait très bien. Mais en y regardant de plus près, cela doit être un enfer pour ces enfants Roms. Ils ne parlent pas français, ils ne savent ni lire ni écrire, et l’institutrice a même des difficultés à les faire participer à la classe. Comment les aider dans ces conditions ?

La Mairie invoque des troubles à l’ordre public tels que de l’eau déversée sur la route et des départs d’incendie. Qu’en pensez-vous ?

Jean-Marc Fiorese : En ce qui concerne l’eau, les Roms venaient effectivement prendre de l’eau à la borne incendie qui jouxte le campement. Mais pendant un certain temps, elle était cassée (par qui ?). Donc plus de risque de voir de l’eau se transformer en glace en hiver et gêner les automobilistes. D’autant que, selon mes informations, les Roms étaient prêts à payer cette eau ! Comme tout le monde !

Pour les départs d’incendie, le Maire ne dit pas tout. Les services de la ville qui doivent normalement ramasser 2 fois par semaine les poubelles des habitants de Ris-Orangis ne se déplaçaient pas jusqu’au campement. Par conséquent, les Roms brûlaient leurs déchets à défaut de les voir ramassés par les éboueurs. Des incendies étaient donc vite arrivés. Mais ils n’étaient causés que par l’inaction de la ville !

Enfin, le Maire a aussi invoqué des plaintes pour des poubelles renversées et des déchets laissés éparpillés parterre. Je vous ai dit, je vis à 200 mètres, et je n’ai jamais vu de tels faits se produire. Selon mon opinion, ces ‘troubles’ invoqués par la Maire n’existent pas.

Marlène Castille : Je réponds à la question des ordures. Je ferais remarquer aux associations et aux Roms que le ramassage des ordures, nous, on le paye ! Ce n’est pas gratuit, je le paye dans ma taxe d’habitation. Et puis il y a ordures et ordures. Ces gens-là jetaient tout et n’importe quoi alors que moi, je dois aller à la déchetterie pour jeter mes encombrants. Et on me dit qu’une opération de dératisation a été réalisée sur le campement, mais je voyais toujours des rats traverser la route quand je rentrais chez moi la nuit.